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De CESI à la Norvège : le parcours de Pierre Hémono, de l’apprentissage à la recherche

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Après un parcours d’ingénieur au CESI réalisé en apprentissage, Pierre Hémono a progressivement orienté son parcours vers la robotique et la recherche. Aujourd’hui chercheur postdoctoral à l’Université d’Agder, en Norvège, il accueille et accompagne quatre étudiants du CESI venus y effectuer leur stage. Une expérience qui fait écho à son propre parcours international et lui permet, à son tour, de transmettre ce qu’il a appris.

Son parcours à CESI Saint-Nazaire

Pierre Hémono a construit son parcours autour de l’apprentissage, de l’industrie et de la pratique. Après un baccalauréat professionnel de technicien aérostructures et un BTS industrialisation des produits mécaniques, tous deux réalisés en alternance, il intègre le CESI en 2017 au sein de la promotion FIA10.

Il poursuit son cursus d’ingénieur en apprentissage chez eXcent, à Montoir-de-Bretagne, où il découvre le métier d’ingénieur en études mécaniques. Au fil de sa formation, il développe un intérêt particulier pour la robotique, notamment grâce à son implication au RobLab du CESI et à une mobilité internationale au laboratoire de mécatronique de l’Université de Ljubljana, en Slovénie.

À l’issue de son cursus, il choisit de se tourner vers la recherche et débute en décembre 2021 une thèse CIFRE avec eXcent, consacrée à la robotique collaborative, à la recherche opérationnelle et à l’intelligence artificielle. Il soutient sa thèse le 17 janvier 2025 au CESI de Saint-Nazaire.

Son expérience en Norvège

Pierre Hémono nous raconte son expérience en Norvège

Que faites-vous aujourd’hui en Norvège et depuis combien de temps y êtes-vous installé ?

« Après mon doctorat, j’ai souhaité poursuivre mes travaux afin d’aller plus loin dans le développement et la validation des méthodes et outils initiés pendant ma thèse. J’ai ainsi rejoint l’Université d’Agder, en Norvège, pour un poste de chercheur postdoctoral de trois ans, que j’occupe actuellement.

Je travaille aujourd’hui principalement sur les projets européens RESTORE et RHINOCEROS. Ces projets cherchent à développer des méthodes plus efficaces pour traiter les batteries de véhicules électriques en fin de vie, notamment en améliorant leur réemploi, leur réutilisation et leur recyclage.

Au-delà de l’enjeu environnemental, ces travaux participent également à un objectif plus large de souveraineté européenne, en réduisant la dépendance vis-à-vis des matières premières nécessaires à la fabrication des batteries.

Mon parcours s’est donc construit progressivement, de la formation professionnelle et de l’apprentissage en entreprise vers l’ingénierie, puis la robotique et la recherche. »

Qu’est-ce qui vous a donné envie de partir travailler à l’international, et pourquoi avez-vous choisi la Norvège ?

« Ce que j’ai considéré comme le plus important dans mon choix a été la mission associée au poste ainsi que le contact avec l’équipe. Je souhaitais pouvoir conserver une certaine liberté dans l’orientation de mes recherches, tout en travaillant sur une mission qui ait du sens.

Contribuer à résoudre les problématiques liées au démontage et au recyclage des batteries ne représente pas seulement un défi technique : il s’agit également d’un véritable enjeu environnemental et sociétal.

Toutes ces conditions étant réunies, le cadre de vie exceptionnel offert par la Norvège, associé à des conditions salariales très compétitives, a définitivement fini de me convaincre. »

Accueillir aujourd’hui les étudiants de CESI

Aujourd’hui, à son tour, Pierre accompagne les étudiants du CESI

Vous accueillez actuellement quatre étudiants de CESI au sein de l’UiA. Pouvez-vous nous raconter comment s’est organisée leur arrivée et comment se déroule leur stage ?

« Nous avons accueilli trois étudiants en classe préparatoire ainsi qu’un étudiant en cycle ingénieur. Leur arrivée s’est déroulée simplement : ils ont d’abord bénéficié d’une présentation du laboratoire, des locaux et des différents collègues avec lesquels ils allaient travailler.

Après leur installation, nous avons présenté à chacun sa mission, les objectifs associés et les résultats attendus. Ils ont ensuite rapidement commencé leur travail.

Deux des stagiaires travaillent avec moi sur la mise en place de tests destinés à évaluer les capacités d’adaptation de nos systèmes robotiques face aux variations et aux imprévus rencontrés lors des opérations. Les deux autres travaillent sur la détection de défauts à l’aide de systèmes de vision, en collaboration avec l’un de mes collègues. »

Quel est votre rôle auprès des étudiants et comment les accompagnez vous pendant leur séjour ?

« J’ai été le point focal des étudiants depuis le recrutement des candidats jusqu’à leur évaluation finale. Ils peuvent me consulter aussi bien pour des problèmes techniques ou scolaires que pour des questions personnelles ou liées à leur séjour. »

Comment les étudiants se sont-ils adaptés à leur nouvel environnement, aussi bien professionnel que culturel ?

« Tout s’est fait assez naturellement. Le fait qu’ils soient accueillis en groupe a facilité leur intégration et leur autonomie. J’essayais de ne pas intervenir lorsque cela n’était pas nécessaire, afin de leur laisser la possibilité de chercher par eux-mêmes et de s’immerger progressivement dans leur environnement de travail.

Le fonctionnement d’une université et, plus largement, du monde de la recherche a d’ailleurs surpris certains stagiaires. Il s’agit d’un environnement différent de celui qu’ils avaient pu connaître en entreprise, avec davantage d’autonomie et une organisation du travail différente. »

En tant qu’ancien étudiant de CESI, qu’est-ce que cela représente pour vous de pouvoir aujourd’hui accueillir et accompagner à votre tour des étudiants de l’école ?

« La mobilité internationale représente une formidable opportunité. C’est un véritable accélérateur d’autonomie, de compétences et d’ouverture.

Sur le plan personnel, les étudiants gagnent souvent en confiance et en capacité d’adaptation. Sur le plan professionnel, la découverte d’une autre culture de travail et la capacité à évoluer dans un environnement international constituent également des atouts recherchés par les entreprises. »

En quoi votre parcours et votre expérience en Norvège vous permettent-ils aujourd’hui d’accompagner et de conseiller les étudiants qui viennent y effectuer leur stage ?

« J’ai vécu des expériences assez similaires aux leurs : j’ai moi-même été étudiant en mobilité internationale, découvert un nouvel environnement de travail et dû m’adapter à une autre culture. Je suis donc passé par beaucoup des mêmes étapes, avec les mêmes interrogations et parfois les mêmes difficultés.

Cela me permet aujourd’hui d’essayer de les conseiller et de les accompagner au mieux, en partageant mon expérience tout en leur laissant suffisamment d’autonomie pour qu’ils puissent construire la leur. »

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant de CESI qui hésite encore à partir faire son stage à l’étranger ?

« Faites-le ! On regrette rarement d’être parti, mais on peut regretter longtemps de ne pas avoir essayé. »